Plaque à Luigi Fabbri à Fabriano
Plaque en hommage à Luigi Fabbri à Fabriano (Ancône) Voir ici.

Avec cette brève inscription les anarchistes ont voulu graver le nom de LUIGI FABBRI
Fabrianese, né en 1877 et mort en exil à Montevideo en 1935.
Témoin inlassable et implacable en Italie et au-delà des océans de l'affranchissement libertaire de l'homme
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Ephéméride Anarchiste

23 décembre

 

Luigi Fabbri

Luigi Fabbri

Le 23 décembre 1877, naissance de Luigi FABBRI, à Fabriano (Italie).
Professeur, théoricien du mouvement anarchiste italien.
Il participe à partir de 1903, avec Pietro Gori, à la revue "Il pensiero" (La pensée). En 1926, le régime fasciste le contraint à l'exil. Il se réfugie en France, puis en Belgique, et enfin en Uruguay après avoir été expulsé plusieurs fois. En 1930, il crée, à Montevideo, la revue "Studi sociali" (Etudes Sociales) qui prolonge la pensée lucide de Malatesta, à qui il restera fidèle. Il meurt à Montévidéo, le 24 juin 1935. Outre sa collaboration à de nombreux journaux, il a écrit: "Dictature et Révolution", etc.
Les anarchistes ont :"Le devoir de s'opposer, même violemment, à la dictature révolutionnaire qui constitue toujours une régression conservatrice."

 

 

Lillian Harman

Lillian Harman

Le 23 décembre 1869, naissance de Lillian Susan HARMAN dans le comté de Crawford (Missouri).
Militante et propagnandiste anarchiste engagée pour les droits et la liberté sexuelle des femmes.
Ses parents sont Susan Jane Schook et le libre penseur anarchiste Moses Harman. A sept ans elle perd sa mère,
son père se remarie l'année suivante et la famille (avec son frère aîné George) s'installe à Valley Falls (Kansas) où son père Mose est co-directeur du journal de la Ligue Libérale (Libre Pensée) "Valley Falls Liberal" qui prône la séparation de l'Eglise de l'Etat. Le 24 août 1883, il transforme cette publication en un journal anarchiste "Lucifer, The Light-Bearer" qui met l'accent sur la défense des droits des femmes, critiquant en particuler leur asservissement sexuel par le mariage.
Lillian dès l'âge de 13 ans collabore au journal de son père et se passionne pour les questions de la liberté sexuelle des femmes.
Le 20 septembre 1886, alors âge de seize ans, elle brave les lois du Kansas et de la religion en contractant une "Union libre" avec Edwin Cox Walker de vingt ans son aîné, qui était également co-éditeur du journal. Lors de la cérémonie dont était absent tout religieux ou juge, son père qui préside la cérémonie fait une déclaration de principes relative à un mariage libre, s'ensuivit une déclaration de Edwin C. Walker dans laquelle il rejete la doctrine du mariage et reconnait le droit de la femme à disposer de sa personne.
Lillian y repond ainsi :
"Je m'unis à M. Walker de mon plein gré et par choix, et je partage les opinions de mon père et de M. Walker telles qu'elles viennent d'être exprimées. Je ne fais aucune promesse qu'il me serait impossible ou immorale de tenir, mais je me réserve le droit d'agir toujours selon ma conscience et mon meilleur jugement. Je conserve également mon nom de jeune fille, car j'estime que c'est mon libre arbitre et mon choix."
Elle s'opposait ainsi au pouvoir que le mariage légal octroit aux hommes sur les biens, l'identité et le corps de leurs épouses.
Une plaine est alors déposée au juge du comté de Jefferson par un membre de la famille (le beau-fils de Harman), pour le délit de concubinage. Un mandat d'arrêt est alors émis contre Lillian et Edwin Walker. Présenté au juge d'Oskaloosa celui-ci fixa une caution de 1000 $ pour rester en liberté jusqu'au procès. Refusant de payer la caution le couple reste alors en détention jusqu'à la date du procès. Le 20 octobre 1886, le couple, est reconnu coupable d'avoir enfreint la loi du Kansas sur le mariage, Lillian est condamnée à 45 jours de prison et son compagnons à 75 jours, mais ils purgèrent dans les faits près de six mois pour avoir refusé de payer la caution et les frais de justice.
La médiatisation de cette affaire fit d'elle une figure emblématique de la liberté sexuelle et le journal "Lucifer" devint la tribune du radicalisme sexuel aux États-Unis.
L'année suivante elle fonda avec son compagnon le journal anarchiste "Fair Play" qui sera publié sporadiquement durant les deux décénnies suivantes.
Elle poursuivit son militantisme pour la liberté sexuelle. En 1893 elle a une fille prénomée Virna, mais vivant séparément de Walker elle, obtindra son engagement écrit de subvenir équitablement aux besoins de leur fille. En 1897, en Angleterre, elle devient la présidente de la "Legitimation League"
qui militait pour la reconnaissance des relations sexuelles hors mariage et la préservation des droits des enfants. Elle s'opposera aux lois sur l'âge du consentemant qu'elle jugeait restricives pour les droits des femmes. En 1898, elle est arrêtée avec George Bedborougb pour obsénité, suite aux publications du journal "The Adult".
Au début des années 1900, elle épouse George R. O'Brien, imprimeur de journaux et dirigeant syndical à Chicago, dont elle aura un fils George qui deviendra avocat et sa fille Virna née de l'union libre avec Walker, musicienne et danseuse. Elle continua à assister son père dans la rédaction de "Our New Humanity"et de "The American Journal of Eugenics" dont le dernièr numéro daté du 30 janvier 1910 et un hommage à son père décédé et transféra ensuite les abonnements restant du journal à "Mother Earth" d'Emma Goldman.
Outre ses articles elle a publié : "Some Problems of Social Freedom" (1898) voir ici en pdf ; "Marriage and Mortality" (1900); "The Regeneration of Society" (1900).
Lillian Susan Harman O'Brien serait morte 5 mars 1929, où selon d'autres sources à Chicago en 1950 à l'âge de 80 ans.

 

 

 

Le 23 décembre 1908, mort à Florence (Italie) de Fortunato SERANTONI.
Internationaliste et propagandiste anarchiste italien.
Il naît en 1856 à Florence. En novembre 1872, il adhère à la section florentine de l'Internationale et rallie rapidement la position antiautoritaire. Il joue (malgré la répression) un rôle de premier plan dans l'organisation des travailleurs et prend part à Tosi en octobre 1876, au 3ème Congrès (clandestin) de la section italienne de l'AIT. En 1877, il signe un manifeste contre les persécutions policières des internationalistes et collabore à divers journaux : "L'Internazionale", "Il Ladro", "La Campana del Bargello", etc. En avril 1878, il est arrêté pour "trouble public" puis à nouveau à la fin de l'année (avec 68 autres internationalistes) après l'explosion d'une bombe durant une manifestation monarchiste. Mais l'accusation est infondée et il est libéré en février 1879, mais c'est pour être aussitôt arrêté pour "manifestation séditieuse et violation de l'admonition". En 1880, il participe aux côtés de Francesco Pezzi à la réorganisation des sections de l'AIT. Mais, encore inquiété, il s'exile en France avant de se fixer en janvier 1883 à Barcelone, où il collaborera à divers journaux et dirigera jusqu'en 1889 le journal "La Revolución Social". Mais toujours traqué par la police italienne, il part début 1893 pour l'Argentine. A Buenos-Aires, il devient, à partir d'octobre 1893, rédacteur au journal communiste-anarchiste (en italien) "La Ricossa" mais en avril 1894, le journal est saisi par la police et ses collaborateurs arrêtés, mais il parvient à s'enfuir. De 1894 à 1896, il édite la revue "La Questione Sociale" (en italien, puis bilingue). Il poursuit son oeuvre de propagandiste libertaire publiant, d'avril 1897 à février 1900, la revue "Ciencia Social". Il ouvre une Librairie qui devient rapidement un foyer de diffusion de la presse et de la littérature anarchistes. Il écrit également dans "L'Avvenire", "El Oprimido", "La Protesta humana", et se mobilise pour les victimes de la répression en Italie. Il prend part à la création en 1902 du syndicat la FOA et à l'agitation ouvrière de novembre 1902 où la police saisira sa librairie. Serantoni, en fuite, se réfugie en Uruguay avant de rejoindre l'Espagne (d'où il sera expulsé), puis la France et enfin l'Italie (ses anciennes condamnations étant couvertes par une amnistie). A Florence, il fonde en 1904 une maison d'édition libertaire et anticléricale. En juin 1907, il participe au congrès anarchiste italien où il propose la création d'une Alliance socialiste anarchiste. Début 1908, il est de nouveau persécuté par la police puis condamné en appel le 29 octobre à six mois de prison pour "apologie de délits", mais il meurt à Florence ce 23 décembre.

 

 

Alexandre Skirda

Alexandre Skirda

Le 23 décembre 2020, mort d'Alexandre (Alex) SKIRDA (Dominique BREVAN) à Paris.
Militant anarchiste, traducteur et historien du mouvement anarchiste russe et ukrainien.
Né à Paris en 1942, d'un père ukrainien en exil en France et d'une mère russe, Alexandre Skirda (son patronyme officiel serait Dominique Brevan), sera en 1961 avec Roland Biard le cofondateur du Groupe d'Etudes et d'Action Anarchiste. Il aurait aussi participé aux activités des Groupes d'Action Révolutionnaire contre la guerre d'Algérie.
De tendance communiste libertaire il milite ensuite à "L'Union des Groupes Anarchistes-Communistes"(UGAC). En 1965, il tente sans succès de créer un Centre de documentation anarchiste à Paris.
En mai-juin 1968, il est l'un des animateurs de l'occupation de la Faculté de Censier. Il devient membre du groupe Kronstadt de Paris du MCL (Mouvement Communiste Libertaire), créé à Paris les 10 et 11 mai 1969, autour de Georges Fontenis et de Daniel Guérin. En 1971, il rejoint avec tout son groupe dont sa soeur Natacha, l'ORA (Organisation Révolutionnaire Anarchiste). Membre de la commission du journal "Front Libertaire des luttes de classes" il publie en 1971, après les avoir traduits divers textes sur Makhno, l'insurrection de Kronstadt et les débats autour de la "Plateforme d'organisation" d'Archinov. Il fera connaître également le libertaire polonais Jan Waclaw Makhaïski (1866-1026) et son ouvrage "Le Socialisme des intellectuels" (1979, réédité en 2001 et 2014).
Il quitte ensuite L'ORA après qu'on lui eut reproché de privilégier le domaine théorique. Il se consacre alors pleinement à un travail d'historien.
A noter qu'il était également bouquiniste et avait une boite à livres sur les quais de Seine, rive gauche près du Pont-neuf, qu'il tiendra de nombreuses années. Outre son importante biographie de Nestor Makhno et de la makhnovtchina, parue en 1982, il collaborera avec Bernard Baissat au collectage filmé des témoignages notamment de Marcel Body (ce qui aboutira à la publication de "Un Piano en bouleau de Carélie" (1981), idem pour André Bösiger qui publiera ses "Souvenirs d'un rebelle, soixante ans de luttes d'un libertaire jurassien" (1993), où encore Nikolas Tchorbadieff , vidéo de témoignage sur Nestor Makhno (en 1984).
Vers la fin de sa vie, il étendra ses recherches à l'esclavage des slaves, puis à démontrer le plagiat de Karl Marx dans son "Manifeste communiste" emprunté au "Manifeste de la démocratie" de Victor Considérant.
Atteint d'un cancer depuis plusieurs années, il décédé ce 23 décembre 2020.
Il sera incinéré le 31 décembre 2020 au cimetière du Père Lachaise en présence de sa soeur et de militants.

Pour ne citer que les principaux ouvrages et rééditions : "L'Insurrection de Kronstadt la rouge", "Kronstadt 1921" (1971) réédités à plusieurs reprises; "Les Anarchistes dans la Révolution russe" (1973); Nestor Makhno, le cosaque de l'Anarchie, la lutte pour les soviets libres en Ukraine" (1982) réédité; "Les Cosaques de la Liberté, Nestor Makhno et la guerre civile russe" (1985); "Autonomie individuelle et force collective" (1987); "Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917" (2000); "La traite des Slaves : l'esclavage des Blancs au VIIIe au XVIIIe siècle" (2012, puis 2016); "Un plagiat scientifique: le copié-collé de Marx. Victor Considérant, le Manifeste de la démocratie (1843) - Karl Marx, le Manifeste communiste 1848 "(en 2019), à noter sa traduction de l'ouvrage d'Efim Yartchouk : "Kronstadt dans la révolution russe (suivi du dossier de l'insurrection de 1921" (paru aux Editions Noir et Rouge en 2018).
A voir l'hommage de Jean-Jacques Gandini à Alex, au Centre Ascaso-Durruti de Montpellier, le 5 janvier 2021 ici.

 

 

Le 23 décembre 1869, naissance de Lillian HARMAN

 

Le 23 décembre 1890, naissance de Salvador SEGUI RUBINAT

 

Le 23 décembre 1895, mort accidentelle de Sergueï STEPNIAK KRAVTCHINSKI

 

 

fil chouette

 

journal "La Tribuna Libre"

En-tête du premier numéro

Le 23 décembre 1891, à Séville (Andalousie), sortie du premier numéro du journal "La Tribuna Libre" Périodique bimensuel Communiste-Anarchiste. Le journal précise ne pas avoir de prix mais être soutenu par souscription volontaire. Deux noms sont cités pour la correspondance : Antonio Durán et Ramón Navarro. Trois numéros sortiront jusqu'au 23 janvier 1892.

 

fil chouette

 

journal "La Protesta libre" n10

En-tête du numéro 10 (3ème année) de la première semaine d'octobre 1909

journal "La Protesta libre" n25

En-tête du numéro 25 (4ème année) de la 2ème semaine de mai 1910

Le 23 décembre 1906, à Chiclayo (Pérou), sortie du premier numéro du journal "La Protesta Libre" Hebdomadaire socialiste anarchiste - défenseur de la classe ouvrière. Cette publication sortira au moins jusqu'en mai 1910.
Epigraphe : "Liberté, Justice, Fraternité - Constance, Lumière et Travail."
Exemplaires numérisés entre février 1909 et mai 1910 à voir ici.




 


 fil yeux


Le 23 décembre 1992, en France, le Journal Officiel publie l'abrogation des "lois scélérates" "ayant pour objet de réprimer les menées anarchistes ". Elles furent votées entre le 12 décembre 1893 et le 28 juillet 1894, suite à l'attentat d'Auguste Vaillant, à la chambre des députés.

 


fil chouette

 

journal uruguayen la fragua

En-tête de ce numéro 4 de décembre 1927 (doc. Cira de Lausanne)

En décembre 1927, à Montevideo (Uruguay), sortie du numéro 4 de "La Fragua" (La Forge) publication mensuelle. Organe de la Société de Résistance des ouvriers Forgerons et annexes, adhérente à la Fédération Ouvrière Régionale Uruguayenne et à l'AIT.
A noter dans ce numéro un appel à poursuivre la campagne en faveur de la libération de Simón Radowitzky.