carte postale  italienne Kropotkine

Kropotkine : carte postale italienne
Editions "Avant!" Milan

Ephéméride Anarchiste

9 décembre

 

Pierre Kropotkine par Nadar

Pierre Kropotkine photographié par Nadar

Le 9 décembre (27 novembre, dans le calendrier Julien) 1842, naissance de Pierre Alexeiévitch KROPOTKINE à Moscou.
Géographe, cartographe, explorateur, zoologiste, anthropologue et géologue russe et l'un des plus importants théoriciens et vulgarisateurs de la pensée anarchiste.
Issue de la haute aristocratie russe, il portera le titre de Prince (son père était un général de Division qui possédait plus de 1200 serfs sur différents domaines).

Après une formation scientifique à l'école du Corps des Pages du Tsar, Pierre Kropotkine est promu officier. Il choisit alors de partir en Sibérie orientale où, de 1862 à 1866, il accumule plusieurs expériences fondatrices. Anthropologue, il observe l’organisation sociale des petites communautés sibériennes, dont l’inventivité institutionnelle et le sens de la coopération à mille lieues du pouvoir central, l'impressionnent durablement. Géographe explorateur, naturaliste, cartographe, il conduit plusieurs expéditions dont une en Mandchourie. En 1868, il intègre la prestigieuse Société de Géographie de St-Pétersbourg. En 1872, Il se rend en Suisse ; sa rencontre avec les ouvriers horlogers membres de l'Internationale (A.I.T), et particulièrement sa branche libertaire "La Fédération jurassienne", marque son adhésion à l'anarchisme bakouninien. Il se lie alors avec James Guillaume. De retour à St-Pétersbourg, il s'implique dans le mouvement populiste de rencontre avec le Peuple (Cercle Tchaïkovski) diffusant de la propagande révolutionnaire dans les milieux ouvriers de la ville.
Le 21 mars 1874, il présente à la Société de Géographie un rapport retentissant sur la théorie des glaciations. Le lendemain, il est arrêté pour menées subversives et emprisonné à la forteresse Pierre-et-Paul. En 1876, présentant des signes de scorbut il est transféré dans un hôpital militaire d'où aidé de complices il s'évade le 30 juillet. Il traverse clandestinement les pays scandinaves et parvient à rejoindre l'Angleterre avant de retourner en Suisse.
Il s'installe à La Chaux-de-Fonds, où il s'implique dans la vie de la Fédération jurassienne et dans la section française de l'AIT.
Le 18 mars 1877, lors du sixième anniversaire de la Commune de Paris, il participe à une manifestation à Berne. A Neuchâtel, il rencontre Errrico Malatesta et Carlo Cafiero. Le 2 juin 1877, avec Paul Brousse et Jean-Louis Pindy, il fonde le journal "l'Avant-garde" puis voyage à nouveau en Europe. En tant que délégué du Jura suisse, il participe à deux congrès anarchistes et socialistes en Belgique : à Verviers du 6 au 8 septembre 1877 et à Gand, du 9 au 15 septembre, où la police belge tente de l'arrêter. Il parvient cependant à s'échapper et à rejoindre Londres où il donne des conférences. Il se rend ensuite à Paris, où il rencontre des socialistes français. Au printemps 1878, après l'anniversaire de la Commune, alors que la répressions frappe à nouveau, il quitter la France et retourne en Suisse. Il s'installe alors à Genève. En 1878, il y rencontre sa future compagne une jeune russe Sofia Grigorievna avec qui, le 8 octobre 1878, il souscrit un contrat de mariage inspiré des principes libertaires d'égalité complète, renouvelable tous les trois ans. Il collabore à partir du 22 février 1879 avec François Dumarteray, Elisée Reclus et d'autres à la sortie d'un nouveau journal "Le Révolté".
Lors du Congrès de la Fédération jurassienne à La Chaux-de-Fonds, le 12 octobre 1879, Kropotkine fait admettre le communisme comme but, avec le collectivisme bakouninien comme forme transitoire de propriété. Il proposera par ailleurs, à la suite de Proudhon, l’abolition de toute forme de gouvernement et la libre fédération des groupes de producteurs et de consommateurs. Le couple s'étant installé ensuite à Clarens près d'Élisée Reclus, Pierre collabore avec lui à sa "Géographie Universelle".
Du 14 au 19 juillet 1881, il est délégué au Congrès anarchiste de Londres, mais à son retour il est expulsé de Suisse, les autorités helvétiques lui reprochant son activisme, mais surtout agissant sous la pression du gouvernement impérial russe. Un officier russe avait d'ailleurs été envoyé en Suisse pour l'assassiner, mais le complot fut dévoilé à temps.

Après un passage en Angleterre, il revient en France, le couple s'installe alors à Thonon-les-Bains, mais le 21 décembre 1882, Pierre y est arrêté, et condamné en janvier 1883, à Lyon, lors du "Procès des 66", à 5 ans de prison pour "avoir (...) été affiliés ou fait acte d'affiliation à une société internationale, ayant pour but de provoquer à la suspension du travail, à l'abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion, et d'avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique".
Grâce à la mobilisation de Sofia et de nombreux amis du monde littéraire et scientifique, il obtient en janvier 1886 une libération anticipée, après avoir passé 3 ans à la prison de Clairvaux. De ses séjours pénitenciers où il contractera diverses maladies, il en fera le récit : "Dans les prisons russes et françaises" (1887), quant à "Paroles d'un révolté" (édité en 1885, par Reclus). Après un bref séjour à Paris, Pierre et Sofia partent s'installer en Angleterre, où ils résideront, dans différentes localités, durant 31 ans.

A Londres, après une brève collaboration avec le journal d'Henry Seymour "The Anarchist", il publie à partir d'octobre 1886 avec Charlotte Wilson le mensuel anarchiste "Freedom" qui fédère un groupe autour du journal. En 1887, Sofia, donne naissance à une fille prénommé Alexandra, (en hommage à son frère Alexandre qui se suicida en déportation en Sibérie).
"La Morale anarchiste" paraît en 1890, "La Conquête du pain"(1892) regroupe des articles publiés dans Le Révolté
, "Champs, usines et ateliers" est publié en anglais en 1899 et traduit en 1910, "L’Entraide, un facteur de l'évolution" (1902, traduit en 1904). En 1906 paraissent ses mémoires "Autour d'une vie" puis "La Science moderne et l’anarchie" (1909), "La Grande Révolution" et "La Terreur en Russie" (en 1909, évoque la Révolution avortée de 1905), "Science moderne et anarchisme (en 1913), etc.
Outre ses nombreux ouvrages et brochures de propagande comme "Aux jeunes gens" qui seront traduits et diffusés dans le monde entier, il collaborera à diverses publications scientifiques ainsi qu'à l'Encyclopaedia Britannica.
En 1897, lors d'un congrès scientifique à Toronto, il explore le Canada et se rend ensuite aux Etats-Unis où il rencontre Johann Most, Emma Goldman et Benjamin Tucker.
Il retournera en Amérique en 1901 pour y faire une tournée de conférences.
Mais lorsqu'éclate le premier conflit mondial, ses prises de positions pour un engagement militaire aux côtés des alliés contre l'Allemagne, qui se concrétisent en 1916, avec les signatures de Jean Grave, Charles Malato et d'autres dans le Manifeste des 16, qui en rompant avec la tradition antimilitariste de l'anarchisme provoquera une fracture dans le mouvement anarchiste.
Fin mai 1917, à la faveur de la Révolution de février, Kropotkine arrive en Russie, il y est accueilli en héros. Mais en anarchiste, il refuse les offres de participer au nouveau gouvernement Kerensky. Il salue ensuite la révolution d’Octobre et la formation des soviets, mais rend publique ses désaccords avec Lénine sur la structure autoritaire de l’État bolchevik (qui se concrétisera ensuite par la répression contre les anarchistes et toute forme d'opposition et l'instauration de la terreur rouge).
Refusant les aides de l'État, Pierre s'installe à Dmitrov (région rurale de Moscou) dans une modeste maison en bois. Il y recevra de nombreuses visites dont celles d'Emma Goldman, de Victor Serge et de Nestor Makhno. Vivant chichement avec Sofia, il succombe à la maladie le 8 février 1921. Ses funérailles le 13 février 1921, sont l’occasion d’un gigantesque rassemblement populaire où fleurissent drapeaux noirs et de bannières revendicatives. Le gouvernement s'était vu contraint d'accorder une permission de sortie aux anarchistes emprisonnés afin qu'ils puissent assister à la cérémonie. Elle sera la dernière manifestation de masse des anarchistes en Russie soviétique.
Sa tombe se trouve au cimetière Novodievitchi de Moscou comme celle de sa compagne Sofia Grigorievna.
"La misère fut la cause première des richesses. Ce fut elle qui créa le premier capitaliste. Car avant d'accumuler la "plus-value", dont on aime tant à causer, encore fallait-il qu'il y ait des misérables qui consentissent à vendre leur force de travail pour ne pas mourir de faim. C'est la misère qui a fait les riches."
In: Le Salariat.



la morale anarchiste  de kropotkine

Pierre Kropotkine : La Morale Anarchiste

 

Le 9 décembre 1868, naissance de Paolo LEGA

Le 9 décembre 1991, mort de Maurice JOYEUX.

 

 

fil chouette

 

journal "L'Emeute"

En-tête du premier numéro

Le 9 décembre 1883, à Lyon (Rhône), sortie du premier numéro du journal "L'Emeute" Organe Anarchiste, hebdomadaire paraissant le dimanche. Il succède en fait aux journaux : "Le Droit Social" (12 février - 23 juillet 1882), "L'Etendard Révolutionnaire" (30 juillet - 15 octobre 1882), "La Lutte" (1er avril - 9 août 1883), puis le "Drapeau Noir" (12 août - 2 décembre 1883), victimes de la répression.
Avec l'acharnement des autorités à faire taire les anarchistes, "L'Emeute" n'aura que 7 numéros (le dernier en date du 20 janvier 1884).
Mais "Le Défi" (3 au 17 février 1884) le remplacera, puis "L'Hydre Anarchiste" (24 février - 30 mars 1884), "L'Alarme" (13 avril - 1er juin 1884), et encore "Le Droit Anarchique" (8 au 22 juin 1884) puis "La Lutte sociale" (28 août au 2 octobre 1886) qui clôt la série de répression envers ces publications anarchistes lyonnaises qui portent toutes l'épigraphe : "Liberté - Egalité - Justice" .

"L'EMEUTE poussera toujours le peuple à la rébellion... Nous lutterons jusqu'au bout; jusqu'à la victoire finale des déshérités et des souffrants, nous pousserons constamment le cri d'alarme, le cri de la Révolution vengeresse, qui, seule, fera disparaître les monstruosités qui affligent l'espèce humaine."



fil bombe

 

type de bombe utilisée à la Chambre des députés ° attentat de vaillant à la chambre des députés ° Auguste Vaillant

Bombe de Vaillant (reconstituée) et représentation de l'explosion d'après "Le Petit Journal"

Le 9 décembre 1893, Auguste VAILLANT lance une bombe dans la Chambre des députés, depuis la tribune. De faible puissance, elle ne blessera que légèrement un député. Action hautement symbolique ; Vaillant déclare que son objectif n'était pas de tuer, mais de blesser un grand nombre de députés. La réaction de ces derniers ne se fait pas attendre. Dès le 12 décembre, ils votent la première des lois dites "scélérates". Elle vise particulièrement la presse anarchiste,la réduisant au silence. Auguste Vaillant, quant à lui, sera condamné à mort, et guillotiné le 5 février 1894. Il avait 33 ans.

 


fil chouette


journal espagnol atalaya

En-tête du premier numéro (doc. Cira de Lausanne)

En décembre 1957, à Paris, sortie du premier numéro du journal "Atalaya" (Tour de guet). Publication mensuelle en langue espagnole qui se veut une Tribune confédérale (de la CNT en exil) de libre discution. Six autres numéros sortiront durant l'année 1958.